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Voleren montagne

Une maîtresse qui peut être enjôleuse et câline aujourd'hui et le lendemain une diabolique furie qui essayera d'avoir votre peau.

    Voilà comment résumer  la  montagne, que ce soit en vol, ou pratiquée par tout autre moyen de locomotion. Nous essayerons au fil de ces lignes de vous donner d'abord envie d'essayer, mais surtout de le faire avec le maximum de sécurité.
    Être pilote, dans tous les cas, c'est d'abord prendre ses responsabilités, en montagne, je dirais qu'il faut les prendre deux fois plus. Il ne viendrait à l'esprit d'aucun de faire de la voltige sans avoir fait un entraînement spécifique. C'est pour cela que le vol montagne peut s'entreprendre,mais avec quelques précautions supplémentaires par rapport à un vol normal.
    Je ne saurais trop recommander de faire quelques vols avec des pilotes qualifiés montagne, ou alors avec des habitués de ce genre d'exercice, ce qui permet de ne pas avoir trop la pression pour les premiers vols, pression qui amène, selon les individus soit à faire demi tour au premier coup de vent, soit à trop en faire et prendre des risques inutiles.

LE LIEU DU VOL: Attention, la montagne est visible, les câbles qui la parcourent ne le sont absolument pas, haute tension EDF, téléphériques, portages pour travaux, tout ces fils sont mortels,  cartes et notams indiquent ces endroits, une seule consigne ne pas y mettre les ailes à basse altitude, c'est vital.

METEO: Rien de bien fiable en prévision d'un vol, les standards habituels ne sont que peu performants,   la connaissance du lieu de vol est primordiale,  le relief est un vaste paravent avec lequel il faut jouer selon la direction du vent pendant le vol, certaines vallées seront tranquilles d'autres généralement perpendiculaires aux premières le seront beaucoup moins. Les jonctions de vallées sont aussi des lieux de  grand tumulte ou de "grosse banane" si l'on préfère. Alors comment faire?
Tout d'abord, si vous avez près de vous un pilote qui connaît bien le coin, demandez un petit conseil, cela aide, mais en règle générale quand vous vous trouvez en l'air , là plus qu'ailleurs, il faut tâter avec les ailes, chacun dispose d'une alarme interne qui sonne sans prévenir, l'adrénaline, quand on commence à se poser la question, " n'est ce pas un peu trop turbulent aujourd'hui", on a la réponse.Un demi tour en prenant de l'altitude et en s'écartant du relief, est la solution de bon sens.
"La main du diable":C'est ce qui vient vous rappeler à l'ordre quand vous vous êtes imprudemment aventuré, généralement à basse altitude, en remontant une vallée située sous le vent et barré par par le relief (cela peut se produire quelle que soit l'orientation du vent, il suffit que l'orientation de la vallée en question soit sur son axe). Plein gaz, assiette à cabrer, l'avion se refuse obstinément à la manoeuvre, une main invisible semble vouloir le plaquer vers le sol, le badin  dégringole, vous n'aurez dans cette situation que quelques secondes pour prendre la bonne décision: tourner, le moins brutalement possible, vers l'aval, reprendre du badin et doucement reprendre de l'altitude. Il est chaudement recommandé pour des évolutions relativement basses dans les vallées de le faire dans le sens de la descente, là aussi, la  vitesse, c'est la vie. Ne jamais s'engager en montée aval d'une vallée sans l'avoir explorée  en altitude et avoir pu juger qu'un 360° est possible à n'importe quel endroit du parcours.

L'AVION:Les avions de montagne doivent à mon avis répondre à deux critères principaux.
Le bon rapport poids/puissance, qui permet de prendre assez rapidement de l'altitude quand cela devient nécessaire, mais aussi qui évite de trop se faire "balader" quand les turbulences vous prennent.
Le deuxième point me semble être une très bonne visibilité surtout pour les jours de grand calme ou l'on aura fatalement un peu tendance à aller flirter avec les pâquerettes.
Un petit point de la gestion machine, penser à réchauffer le carburateur bien avant la descente, souvent en haute altitude  en hiver le simple fait de passer en palier et de réduire peut provoquer le givrage, donc réchauffer une minute au moins, juste avant de réduire, et de manière générale de temps en temps, même plein gaz.

LA RADIO: Bien que ce ne soient pas des endroits très fréquentés, nous ne sommes pas seuls quand nous évoluons en montagne. 130.00, c'est la fréquence pour le vol montagne, ne pas oublier qu'à part l'autre "tagazou" venu de l'aérodrome voisin, on trouve en montagne pas mal de pros qui font leur métier de pilote, surtout les hélicos de secours, et ceux du portage de matériaux, de plus en plus nombreux. Il est impératif que l'appareil qui vole dans le même secteur que vous soit informé de vos évolutions. Les cols sont des endroits aussi fréquentés que les balises radio, les beautés naturelles connues sont aussi des points de passage très fréquentés, ne pas hésiter à se rappeler au bon souvenir des autres tout le long de son circuit, et plutôt deux fois qu'une. Vous disposez d'une fréquence  propre, c'est une chance, les protagonistes du crash du FRANCE eux ne l'avait pas.
 

LES DIFFÉRENTS VOLS EN MONTAGNE:    On peut pratiquer le vol montagne à différents niveaux, de la balade pour simplement admirer le paysage, qui il faut l'avouer est féerique, surtout en hiver,jusqu'au vol avec poser sur altisurface qui relève d'une qualif spécifique, le poser sur neige nécessitant encore une autre qualif.
Une autre pratique encore plus extraordinaire est celle du poser sur glacier dans les alpes ou sur sommets pendant l'été,  l'hiver avec skis. C'est une expérience assez exceptionnelle à tenter.
Un des plus beaux vols à faire en montagne est le "vol on top", en ce qui concerne la beauté du paysage, se rappeler toutefois que l'on doit surveiller de très près les conditions de redescente en dessous de la couche, mais le plus souvent ce type de vol se fera dans des conditions de confort inhabituel, la turbulence au dessus de la couche étant très rare.

J'espère que tout ce BLA - BLA, ne vous aura pas trop refroidi pour entamer votre premier vol, j'ai essayé de vous faire partager ma modeste expérience, mais ces balades quand vous les aurez essayées vous feront rêver longtemps le soir après avoir rentré l'avion au hangar, quoi de plus beau qu'un lever de soleil sur la montagne en hiver, "la grande blanche" que j' vous dis.
                                                                                                jpp



© PILOTWEB,Jean-Pierre Pinton,  Anne-Céline  et David O'Hare
- Dernière mise à jour le 14/08/01 -