21 juillet 1969
La main de l'homme mettait le pied sur la Lune...

Que faisiez-vous ce jour-là, racontez nous !
(je ne parle pas des moins de 40 ans, seuls les vieux ont la parole ! Georges Delamare)

 
Jean Louis 
Benamour
Ce jour-là, j'étais en vacances à Saurat, un petit village ariégeois à 10 km de l'endroit où je me trouve en ce moment même. Je m'en souviens comme si c'était hier : je n'avais pas de télévision sous la main mais j'ai suivi tout le déroulement de l'arrivée sur la Lune à la radio jusqu'à plus de 4 h du matin. 

A cette époque, je ne volais pas encore (je n'ai passé mon brevet que 5 ans plus tard) mais j'étais déjà passionné par tout ce qui volait et, en particulier, par la conquête spatiale. Je crois que j'avais parfaitement conscience de l'importance de l'évènement. Je considère toujours depuis cette époque que cela a été LE plus grand évènement de l'histoire de l'humanité.

Jean 
Bossy
En juillet 69, c'était un an après mon premier tour de France des jeunes pilotes et un an avant mon deuxième tour de France des jeunes pilotes ! 
A 19 ans je regardais les étoiles, et ce soir là il y en avait une sur le balcon d'à côté et une nettement au dessus. Avec la première nous avons longuement regardé la seconde... 

Pardon Michel (le physicien qui n'est pas tous les jours sur la liste et plus souvent dans les labos d'astro), je confonds facilement étoile, planète et lune. 

En fait nous n'avons pas beaucoup regardé la télé, mais beaucoup plus la Lune, en pensant très fort aux trois gars qui y étaient. Je me souviens que c'était presque pleine lune et dans un ciel limpide. 

Avec un tout petit peu d'imagination et beaucoup de rêve, nous avons vu leurs pas en direct, beaucoup mieux qu'avec des caméras ou autres photos, à partir de la cour de l'immeuble où nous habitions, à moins de deux nautiques de l'immeuble d'où je vous écris aujourd'hui. 

Une belle aventure technique, une prouesse, mais évidemment pas de quoi proposer une autre vie à tous les humains.

Comme cela a déjà été dit ici le bonheur est à l'intérieur.
Jean-Pierre
Capon
Le 21 juillet 1969, j'étais en vacances sur la Costa Blanca en Espagne, où les couchers sont plutôt tardifs.
J'ai passé une bonne partie de la nuit dehors à écouter la radio (pas de TV) pour suivre l'évènement.

Bien que déjà à l'époque un peu (ou essayant de l'être) adulte, je me souviens d'avoir regardé la Lune pendant longtemps. Je la considérais très éloignée, bien sûr, mais ce soir là, curieusement, j'avais pour

cet astre illuminé un autre regard qui me le faisait paraître beucoup plus proche.

Et j'ai ainsi passé beaucoup de temps à scruter la surface de la Lune, comme si j'espérais y apercevoir quelque chose d'insolite.

Vraiment curieux.

L'émotion, sans doute.

Ah, pour vous faire rire : j'ai encore aujourd'hui dans un tiroir le n°1058 de Paris Match qui montre en 1° page la photo d'Aldrin sur la Lune, prise par Armstrong.

Bruno 
Charrier
Je m'en souviens parfaitement: un de mes souvenirs les plus forts ! 

J'avais dix huit ans...
J'étais étudiant en fin de première année à l'INSA de Lyon, et comme tous les types de ma promo, je faisais un stage ouvrier pendant un mois d'été. Ce stage se déroulait chez Berliet (ca ne s'appellait pas encore, et de loin, RVI...) et j'y construisais des engrenages de boîtes de vitesse en bossant en trois huit. 

Chance, pendant la dizaine d'heures d'émission à la télé, je ne bossais pas, ce qui fait que j'ai pu passer la nuit devant une télé au siège régional de FR3 où il y a avait pas mal de monde. 

Je me souviens être allé me coucher vers 4 heures du mat, alors que je commençais le boulot à six heures. 
Ce jour là, je me suis fait porter pâle, et ça a été mal vu. 

Je me souviens que mon grand-père refusait de croire à l'évènement et pour lui, tout ça c'était de la propagande des Américains...

Jean 
Clamens
J'avais 20 ans, jeune instituteur, je travaillais comme moniteur dans une colo de vacances dans les Alpes (74). Nous avons suivi la totalité du reportage à la TV. Souvenir impérissable. Les adultes étaient là bien sûr, mais aussi des tas de gamins qui avient quitté leur dortoir pour venir nous rejoindre. La nuit s'est terminée par un petit déjeuner bien chaud, le rêve a continué. 

Dès la rentrée scolaire, avec ma classe de petits marseillais (j'étais instit dans cette superbe ville à ce moment là) nous avons contacté la NASA et nous avons reçu de la part des astronautes des photos dédicacées et des tas de renseignements. Les grands rêvaient autant que les petits. 

Mais ne vous faites pas de souci, on continue à rêver, même avec des cheveux en moins et des kilos en plus.

Patrick 
Cottereau
J'avais 6 mois... ça compte ? 
Ma maman me berçait devant la TV et je devais avoir quelque chose d'autre à penser parce que j'en ai aucun souvenir. 

PS: Le Fox-POIL fêtait ses 2 ans et n'avait pas la TV...
Jacques 
Darolles
Le 21 juillet 1969, en camp d'éclaireurs à Castillon (09) nous avons écouté l'arrivée du LEM sur la lune auprès du feu de bois, avec un transistor à piles soigneusement économisées pour la circonstance. 

J'avais 12 ans à l'époque. 
C'est loin, tout ça.

B. 
Daval
Il y a 30 ans j'effectuais mon service militaire au titre de la coopération à Cuba. Bien entendu le grand démocrate Fidel n'avait pas du tout l'intention de faire de la pub pour ses voisins Ricains et donc très peu d'infos et pas d'image !! 

Par contre nous écoutions une radio qui émettait de Miami à destination de Cuba et qui reprenait les infos de la Voz de America mais qui était brouillée par les militaires cubains. 

C'est donc "en pointillé" que j'ai appris cet évènement (le lendemain) avec une grande joie et des rêves plein la tête.

Christophe 
Drieux
J'avais 3 ans :je devais courir partout ;-))
Léon
Druez
Ce jour là, mon épouse , moi-même et nos trois enfants, nous sommes restés rivés devant la télévision durant toute la nuit et, au moment où nous avons aperçu Neil Armstrong posant son pied sur le sol lunaire, j'ai bondi de joie du divan dans lequel je me trouvais, j'y suis retombé assez lourdement, cassant les deux pieds gauche en "simili" cuivre du divan. 
La NASA n'est pas intervenue dans le remplacement de ceux-ci.
Jean-Pierre 
Hotot
Il y a 30 ans, j'avais 30 ans...
J'étais en vacances en camping, à Notre-Dame-de-Monts en Vendée et nous étions tous autour du poste pour écouter Albert Ducros commenter l'évènement sur Europe N°1. C'était un grand moment. 

C'est cette nuit là que j'ai fait la connaissance d'un campeur qui était pilote de Mirage et qui m'a donné le virus de l'aviation en me faisant voler à Nantes. 

Nous sommes toujours amis et nous voyons régulièrement.
Bernard 
Julien
J'avais 17 ans et j'étais Mousse, eh oui, petit marin à pompon, en vacances chez papa-maman et comme ils n'avaient pas encore la télé, (c'est pas tout le monde qui pouvait l'avoir encore et comme nous étions 7 enfants !), nous sommes  allés passer la journée chez la tante Suzanne qui elle en avait une toute neuve, en noir et blanc bien sûr... 
Cela a été un moment très émouvant dont je garde un souvenir intact. Je me rappelle aussi la discussion qui avait suivi et qui portait sur la nouvelle ère qui s'ouvrait, dont le point de mire très lointain était l'an 2000, avec toutes les merveilles qu'il allait nous apporter. Depuis, je ne crois plus à la science fiction.
Jean-Pierre
Laffitte
Pour des raisons que je n'arrive pas à expliquer, mon père refusait que je regarde les infos à la TV.
Dans la cour de récréation, tous mes potes parlaient de la conquête de l'espace.

Chacun y allait de sa petite info exclusive "entendue hier à la radio" ou "vu à la TV".

Et puis il y a eu cette nuit où mon père est venu me réveiller... Il m'a dit un truc du genre : "regarde ! tu pourras dire à tes enfants : j'ai vu ça en direct !!!".

A l'époque, j'avais 6 ans et je n'envisageais même pas le fait que je puisse avoir un jour des enfants. Pourtant, j'ai senti que quelque chose d'incroyable était en train de se produire. J'étais fier "d'y être" et je pensais déjà : Voilà ce que je veux faire plus tard !!!!  ASTRONAUTE !!!

Le temps a passé et les hommes ne vont plus sur la lune.
Je ne suis pas ASTRONAUTE !!!  (sans doute parce que j'ai compris trop tôt ce que c'est d'avoir des enfants :-)

Ma fille a sept ans. L'autre jour, l'institutrice m'a dit qu'elle se vantait auprès de ses copines d'avoir un Papa "aviateur". Elle en a même rajouté une louche en prétendant que : "si je voulais, je pourrais aller sur la lune avec mon avion". Selon elle, je ne vais jamais sur la lune avec le 112 parce que le vol est un peu long et que Maman elle râle quand Papa rentre tard de l'aéro-club.

Voila... Elle croit encore au rêve auquel je ne crois plus...

Merci Monsieur ARMSTRONG !!!

Jean-Pierre 
Lautier
Ah la conquête spatiale ! 
Nous à l'école, on ne parlait que de ça. Les professions de pompier ou de docteur avaient en ce temps là moral en berne. Il fallait être astronaute ou ne pas être. 

En attendant on rêvait. Ma classe avait même une correspondance suivie avec la NASA et nous avions  été invités par l'un des astronautes d'Apollo 7 qui possédait une jolie villa vers Antibes et qui, avec la gentillesse spontanée propre aux gens des Amériques, avait régalé cette bande de marmots d'un goûter et d'un spectacle rare de ses (excellents) films d'amateur sur son temps dans l'aéronavale et dans la patrouille des Blue Angels. 

Les adultes n'étaient pas de reste. C'était de la passion. Je n'ai retrouvé cette ambiance qu'au moment de la guerre du Golfe. Nous passions des heures devant la télé noir et blanc. Lamentable spectacle des ténors télévisuels de l'époque qui meublaient comme ils pouvaient pendant des heures, commentant à l'aide de maquettes ou d'animations hésitantes les phases du lancement désespérement attendu. On appelait en vain Houston. Houston n'en avait cure. 
Les rares images étaient celles de la salle de contrôle, où il ne se passait rien, et celles de la fusée, mythique Saturn V, dressée sur son pas de tir, entourée d'inquiétantes fumerolles mais désespérément immobile. 

Et puis enfin ce jour, plutôt cette nuit, où on me tira de mon sommeil d'enfant pour voir l'image floue et tremblotante d'un gros scaphandre descendant avec hésitation l'échelle du  LEM. L'Histoire en direct. 

Merci les Américains, merci les Russes pour ce fabuleux rêve de dix ans. 

Jp, 7 ans à l'époque.

Maïté 41 ans en septembre, 

Magnifique souvenir. A l'école, nous avions peu de congés en été (juste le mois d'août), donc en juillet on allait à l'école. L'école nous avait donné congé pour que nous puissions suivre l'événement à la TV. Ma moooooman m'avait réveillée une ou deux heures avant la sortie de la cabine et j'avais passé le reste de la nuit devant la télé. A vrai dire, les images n'étaient pas nettes, mais on avait le sentiment de vivre quelque chose d'extraordinaire et j'entends encore la voix du commentateur de la télévision suisse romande, Georges Kleinmann (en France, c'était Léon Zitrone, non ?). A l'école, on avait beaucoup parlé l'événement, les profs nous avaient expliqué. et je me souviens avoir fait une rédaction française sur le sujet, que ma moooooman doit encore avoir dans ses greniers. 

Un voisin, vieux pépé, avait vu les premiers avions, et tous ces progrès du 20ème siècle. Cela lui plaisait bien. Mais pour la Lune, il avait de la peine à y croire.

Toan 
N'Guyen
Le bonheur n'est pas sur la Lune. 
Il dans le pré, a côté de chez vous. 

S'il est déminé.
Jean-Pierre 
Paralis
Moi j'avais 7 ans et mon père m'a réveillé pour me faire voir ça c'est lui aussi qui m'emmenait voir les avions décoller à Bron (seul aéroport de Lyon a l'époque) et pourtant il n'a jamais piloté. 
merci 'pa !
Jean
Perrot
Curieusement, je n'ai pas de souvenir des images de juillet 69.
Nous n'avons pas de télé, ni mes parents ou beaux parents. Marié depuis 6 mois, je revenais du voyage de fin d'étude de l'Enac au Quebec et me préparais à y retourner comme coopérant à l'Institut d'Aérotechnique du Quebec, à Dorval.

Et là bas, un peu plus tard, j'ai souvenir d'une journée où tous les cours étaient annulés, tous les professeurs et élèves etaient réunis dans le grand hangar, pour une fois silencieux, devant une télé noir et blanc, jusque tard le soir, pour voir un homme marcher sur la Lune...
Par recoupement, je suppose qu'il s'agissait d'Apollo 12 (nov 69), qui a marqué ma mémoire puisque j'avais 'loupé' la grande première.

Et lors de la  visite en Décembre 69 du centre Kennedy en Floride, on pouvait voir le hangar et la pas de tir d'Apollo 11, et le leitmotif de la visite "We are proud to be Americans"

En relisant l'historique des missions Apollo, je trouve qu'on oublie un peu trop les prouesses des "suivants" : 27 km dans un véhicule, puis 75 heures soit plus de trois jours sur la lune.

Puis, comme cela a déjà été dit, plus rien...
Et la petite déception qui s'insinue : la science était un prétexte, l'enjeu était politique. Il paraît que c'est au dernier moment quil a été décidé de placer un drapeau Américain plutot que celui des Nation Unies initialement prévu.  C'est dommage.

30 an après, le symbole aurait été plus fort.

Mais le rêve existe toujours.  J'attends avec impatience l'assemblage de la future station spatiale, et cette fois, je ne louperai pas l'évenement.

Henri 
Peyrou
Durant les anniversaires on chante toujours les mêmes chansons, aussi je ne résiste pas au plaisir de republier cette vieille histoire: 

When Apollo Mission Astronaut Neil Armstrong first walked on the moon, he not only gave his famous "one small step for man, one giant leap for mankind" statement but followed it by several remarks, usual com traffic between him, the other astronauts and Mission Control. Just before he re-entered the lander, however, he made the enigmatic remark "Good luck Mr. Gorsky." Many people at NASA thought it was a casual remark concerning some rival Soviet Cosmonaut. However, upon checking, there was no Gorsky in either the Russian or American space programs. Over the years many people questioned Armstrong as to what the "Good luck Mr. Gorsky" statement meant, but Armstrong always just smiled. 
On July 5, 1995 (in Tampa Bay FL) while answering questions following a speech, a reporter brought up the 26 year old question to Armstrong. This time he finally responded. Mr. Gorsky had finally died and so Neil Armstrong felt he could answer the question.  When he was a kid, he was playing baseball with a friend in the backyard. His friend hit a fly ball which landed in the front of his neighbor's bedroom windows. His neighbors were Mr. & Mrs. Gorsky. As he leaned down to pick up the ball, young Armstrong heard Mrs. Gorsky shouting at Mr. Gorsky, 

"Oral sex! You want oral sex?! You'll get oral sex when the kid next door walks on the moon !"

Henri 
Peyrou
C'était hier... Un grand, très grand millésime, pendant que les Américains gambadaient sur la lune, Gainsbourg & Birkin la chantaient :"Année Erotique"... 
69 était pour moi l'année du brevet Hélico, j'étais en effet à l'E.A.L.A.T à Dax, où étant entré pour être pilote d'avions, je me suis retrouvé aux commandes d'un hélicoptère, surpris mais pas fâché, nous étions mes copains et moi tellement heureux d'avoir déjà franchi les obstacles de la sélection. 

Dans mon souvenir ces deux événements sont étroitement liés, et je vous laisse deviner quel était pour moi le plus important....:=O))))

Jean-Claude 
Ponlevoy
J'ai passé la nuit devant la télé ( noir et blanc ) et mes yeux de gamin étaient fascinés.
André 
Rabin
J'étais en colonie de vacances (j'avais pas pu y échapper). J'avais 12 ans. 
Je me souviens de rumeurs à la colonie (dans le Massif Central) du genre  "ils flottent à un mètre de la surface et ne touchent pas le sol..." 

Après ce premier alunissage, je n'en n'ai pas raté beaucoup, me levant en  pleine nuit pour voir le décollage du LEM Appollo 17 (ou 16?) par exemple. 

Je construisais à l'époque des modèles réduits (planeur puis vol libre et  vol circulaire). Je n'imaginais pas pouvoir piloter un jour... 

Je viens de faire ma 500ème heure fin juin.

Denis 
Rousseaux
20 ans, je revenais des championnats de France universitaires de parachutisme (ça existe encore ça ??) à Grenoble St-Geoirs, où j'avais fait une perfo honorable, mais où personne n'avait beaucoup dormi plus de 5 heures par nuit. 
Je m'installe seul devant la télé familiale, et malgré tous mes efforts pour rester éveillé, je m'endors après l'alunissage. 

Quand j'ouvre un œil, Armstrong et Aldrin sautaient déjà comme des cabris depuis une demi-heure sur notre satellite. J'avais raté le Premier Pas ! 

Nostalgie quand même. 
L'envie de grimper là-haut ne m'a pas quitté depuis.

Josée 
Sanuy
Mois de juillet 69 mémorable !!! A Paris ! J'avais déserté mon île, le temps de mes études. 
Diplôme en poche une semaine avant, mariage une semaine après cette nuit folle passée devant la télé, le souffle court pendant toute la phase d'approche, l'alunissage, l'attente, la très longue attente, et enfin, un martien, non pardon, un terrien descendant doucement, très doucement l'échelle de cette grosse "araignée", et faisant le grand saut sur notre plus beau satellite. En direct, s'il vous plaît ! C'était sublime, magnifique, grandiose, il n'y a pas de terme assez fort pour exprimer tout ce qu'on ressentait à ce moment-là. 

Nuit I.N.O.U.B.L.I.A.B.L.E.!!!!! 

Mam de Nouméa

Claude 
Tamone
Toute la famille (3 enfants dont moi, 15 ans) en vacances au bord de la Méditerrannée, dans la chaleur de la Toscane. Un petit camping, des grillons dans la nuit, la baraque qui sert de bar et d'épicerie, la petite porte donnant sur l'arrière-boutique grande ouverte et LA télé du camping. 
Faut dire qu'il n'y avait de l'électricité que là ! 

Autour, environ 50 personnes, enfants compris (pas grand monde a dormi cette nuit là), le regard perdu dans les étoiles avec de temps en temps un coup d'oeil vers l'écran, ou lycée de Versaille... Il faisait chaud cette nuit là, et pas seulement dans le LEM ! 

L'attente... Mais pourquoi ne sortent-ils pas de cette boîte de conserve hérissée d'antennes? Puis, enfin, la petite porte qui s'ouvre, un bonhomme Michelin qui en sort gauchement, je regarde la lune dans le ciel (il me semble que c'était pleine lune cette nuit là, me trompe-je?), le marshmallow qui descend l'échelle du LEM et qui saute sur le sol lunaire...

Un grand frisson dans le dos... 

Un être humain foule ce gros caillou pour la première fois de son histoire, gros caillou qui est le centre de ses rêves depuis des millions d'années.

Le sentiment que l'humanité ne sera plus jamais la même, la prise de conscience que mon pays c'est: LA TERRE (et on n'en a qu'une, faudrait voir à faire gaffe). Si c'est peut-être bien c'est à ce moment qu'est venu l'envie de voler , c'est sûrement là qu'est venu l'envie de connaître un peu le ciel et les étoiles. 

L'aube est là. Nous sommes quelques ados sur la plage, allongés sur le sable. Nous ne parlons pas, nous rêvons en regardant les dernières étoiles dans le ciel de plus en plus clair... 

Claude Tamone, Terre, 3ème planète à gauche. 

Sylvain 
Vresk
Et moi j'attendais que les infirmières se décollent de leur poste de télédiffusion pour conduire ma mère en salle d'accouchement parce que je voulais sortir de son ventre pour voir les images 
( j'avais pas la télé à l'intérieur ! ).
Laurent 
Wagneur
9 ans à l'époque. 

Ma chambre était pleine de posters et d'affiches et le rêve avait déjà commencé depuis  Apollo 8 ( les Pilotoramas vous vous souvenez dans l'excellent journal Pilote). Mes parents m'ont levé à 2 heures du matin, mais je n'avais sans doute pas dormi. 
Pour le reste, les émotions ont du être les même que pour les autres. 

Sauf que ... 
Nous avions comme voisin à la campagne le directeur des programmes d'Europe 1, qui sachant ma passion pour l'aviation et l'espace m'a invité à la présentation  de la PIERRE DE LUNE, comme on l'appellait à l'époque dans les locaux de la rue François 1er. 

Là, c'était une vraie église avec le saint sacrement, la pierre de Lune grosse comme mon poing (de l'époque) sous une demi-sphère de verre. Le prêtre c'était Albert Ducrocq, qui donnait la communion à chaque personne qui défilait devant la pierre en disant "Je vous présente la Pierre de Lune" comme dans un rituel. 
Elle était moche, heureusement que les projecteurs la faisait un peu briller. 

Là un jeune journaliste qui officiait à Air et Couscous comme dirait Leti nous invite à prendre un verre au café d'en face pour savoir quelle émotion nous avions eue en la regardant. 

Ce jeune pigiste qui débutait, c'était Michel Chevalet.

Benoît 
Wangermez
9 ans à l'époque. C'était, comme tous les évènements suivants, à une heure pas possible. 

Mes parents avaient acheté une Télé Couleur. Luxe, les gars ! Pour s'apercevoir que l'alunissage était en noir et blanc, et 'pi c'était peut-être à cause de l'heure tardive mais vraiment on n'y voyait pas grand chose ... et c'était en anglais aéronautique, on n'y comprenait pas grand chose du "direct" non plus. C'était vraiment formidable quand même !!! Et puis, après, avec la couleur c'était pas mieux pour regarder la Piste aux Etoiles, le marchand de sable, et autres qui restaient quelques temps en noir et blanc, mais Daktariiiiii ca, c'était en couleur ! ... Et 'pi les voisines venaient pour voir les dessins animés, c'était bien ! 

Environ 15 ans plus tard il y avait quelque part au nord de Bordeaux (Médoc ou Charente, je sais plus) un brave gars qui, déséspéré par l'abandon des mission Apollo, voulait recommencer l'exploit. Il avait donc construit dans son jardin un LEM et les gens se déplaçaient pour voir cette machine étonnante, faite de contre-plaqué et autres matériaux divers, et avec un fantastique tableau de bord couvert d'interrupteurs qui venaient je pense d'une Renault 12. On se déplaçait aussi pour écouter attentivement les discussions entre notre astronaute et sa Maman qui, elle, était un peu inquiétée par le projet, mais qui surtout n'obtenait pas de réponse précise à ses questions sur la durée du voyage. Et ca, c'etait un problème, car elle était chargée de la bouffe et la question de la conservation des petits plats amoureusement cuisinés était bien souvent dans l'air. 

J'ai malheureusement quitté la France à cette époque mais je serais maintenant bien content si un colibri du coin pouvait me dire si son voyage s'est bien passé ... :-)

Laurent 
Wagneur
Moi, je n'ai jamais pardonné aux ricains ce qu'il m'ont fait ce soir là. 

à ces enfoirés de ricains qui nous ont fait trop rêvé. 

à ces enfoirés ricains qui ont fait croire pendant des années à des enfants que la conquête spatiale était un grand pas pour l'humanité, alors que ce n'était que pour faire la pige au popof, une simple épopée de leur guéguerre froide. 

à ces enfoirés ricains qui ont fait rêver les petits n'enfants que quand ils seraient plus grand ils passeraient leur vacances sur la Lune ou ailleurs. 

à ces enfoirés de ricains qui ont transformé la conquête spatiale en conquête des hautes altitudes 

à ces enfoirés de ricains qui nous ont fait croire que le métier de l'avenir, c'était astronaute. 

à ces enfoirés de ricains qui nous fait rêver à l'an 2000 sidéral et extra-terrestre. 

l'an 2000 c'est dans 6 mois, un petit pas pour l'homme, un grand retour en arrière pour l'humanité.

Jean- 
François 

Fritsche
Je suis aussi un peu comme Laurent, avec un sentiment très ambigu. 
C'est vrai que c'était un Grand Soir, un moment grandiose, merveilleux, un rêve qui devient réalité, mais qui ne s'est pas concrétisé après, un arrière goût de déception, de gâchis.  C'est comme quand on réalise un fantasme, on est déçu (à moins de s'en trouver un nouveau, et c'est peut-être là le probleme, après la Lune, nous n'avons plus jamais eu de rêve, plus d'objectifs, rien que notre petite vie routinière, avec comme questions : quels sont les meilleurs contrats de téléphones portables ? faut-il rouler en diesel ou en essence ? quel est le meilleur lycée pour les enfants ? 

Je ne dis pas que ces questions sont connes, mais que c'est de la gestion, du train-train, du banal, 1969, c'était l'époque ou on pensait qu'on pouvait changer le monde vers un monde meilleur plus juste, que ce serait pas simple, qu'on allait se battre pour ça, mais que demain serait meilleur, avec moins d'horreurs, moins d'injustice. 

Et qu'est ce qu'on constate ? hé bien que c'est le contraire qui est arrivé, et que les lendemains déchantent de plus en plus. 

Je crois aussi qu'on a fait un grand pas en arrière.

Jacques 
Darolles
Et on continue à penser qu'on peut changer les choses, à condition de se remuer le train au lieu de larmoyer, que ce soit sur les élections FNA, sur les relations DGAC, Schengen, et quelques autres sujets d'actualité. 
Commençons par dire bonjour à nos voisins. 

D'ailleurs, parmi ceux qui regrettent de ne pas se battre pour un monde meilleur, combien ont fait quelque chose cette année, pour changer les choses dans leur club ou dans leur UR, ou sur leur terrain ? 

Et qu'est ce qu'on constate ? hé bien que c'est le contraire qui est arrivé,  et que les lendemains déchantent de plus en plus. 
 

Certainement pas. Pour rien au monde, je ne voudrais revivre l'existence de  nos parents ou nos grands-parents, sans électricité, sans médecine, sans chauffage, sans eau, avec des poux, de la crasse et de l'ignorance à revendre. 

Nous avons la mémoire extraordinairement courte. 

Il n'y a que les médias qui nous vendent de la morosité que nous sommes assez cons pour acheter, car ça se vend bien. 

On vit une époque magnifique comparée à celles qui nous ont précédés. 

Depuis 40 générations chez moi, je suis le premier à n'être jamais allé à la guerre, le premier à avoir pleinement choisi mon métier, le deuxième à avoir choisi mon épouse. 

Et d'ailleurs si les amerloques n'avaient pas lancé la micro-informatique dont ils avaient besoin pour leur programme saptial, pensez-vous que nous nous parlerions ainsi tous les jours, y compris ceux du Canada, de La Réunion ou de Nouméa ? 
Réfléchissez à la solitude que ça eût été, d'être passionné d'aviation sans pouvoir le partager avec personne. 

Ceux qui ont plus de trente ans connaissent...